Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

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Dossier: Interviews

«Je considère que l’engagement pour le sport équestre a une grande utilité socio-politique»

19 septembre 2016 10:32

Peter Christen est membre du comité de la Fédération Suisse des Sports Equestres FSSE depuis 1999, il a cependant fait une courte pause entre 2007 et 2009. Tout d’abord en charge du département sport de base qui a, entre-temps, été dissolu, il s’occupe depuis 2011 du sport de compétition qui doit survivre et se développer – positivement de préférence. Avec cette série, le «Bulletin» veut mettre en lumière les tâches et les défis auxquels sont confrontés les divers membres du comité.

Peter Christen. Peter Christen.

«Bulletin»: Peter Christen, quelles sont vos tâches principales en tant que responsable du sport de compétition au sein du comité FSSE? Qu’est-ce qui est important dans votre fonction?

Peter Christen: Le sport de compétition de la FSSE regroupe en Suisse les huit disciplines FEI, à savoir le Dressage, le Saut, le Concours Complet, l’Attelage, l’Endurance, la Voltige, le Reining et le Para-Equestrian ainsi que le tétrathlon en tant que neuvième discipline, qui n’est pas une discipline FEI. Dans le système de milice de la fédération, je dois assurer que nous ayons toujours suffisamment de personnes bien formées et qualifiées pour toutes les charges les plus diverses, des membres des directoires en passant par les entraîneurs et les coaches jusqu’aux officiels comme les juges ou les constructeurs de parcours.

«Le sport de compétition doit être actif!»

Le sport de compétition ne doit pas seulement être jaugé par ses médailles et ses résultats, mais il doit également être perçu de façon positive grâce et par ses activités, par exemple dans le domaine de l’éthique – et à ses progrès. Le progrès signifie par exemple qu’en Suisse, nous bénéficions d’une plus large base qui permet également d’avoir des cadres plus étoffés.

Dans le sport de compétition, le progrès peut également se constater aux chevaux mieux formés et plus maniables, au degré de satisfaction du cheval et du cavalier ainsi qu’aux objectifs atteints par la fédération et au bien-être du cheval qui est toujours au premier plan. Indépendamment du fait que les compétiteurs suisses se classent parmi les médaillés ou pas, la priorité est toujours donnée à une prestation optimale qui n’est pas obtenue aux frais des chevaux.

Comment gérez-vous toutes ces tâches très diverses et largement dispersées?

Cela se fait surtout et en règle générale par l’entremise de discussions. Avec les directoires des disciplines, les entraîneurs et les coaches, on établit un plan de quatre ans avec des objectifs. Les championnats, les Jeux Equestres Mondiaux et les JO, mais également les élections pour les diverses fonctions au sein de la fédération en sont des objectifs-clé. De plus, chaque saison fait l’objet d’une planification séparée et plus détaillée: Quand ont lieu les entraînements des cadres? Et quand ont lieu les sélections? Quelles sont les manifestations servant pour les sélections? Quels sont les points principaux? Et ce n’est qu’une partie des nombreuses questions qui occupent les chefs des disciplines concernées.

La planification est une chose, la réalité en est une autre. Et c’est alors que les discussions ultérieures et les débriefings entrent en jeu. Ceux-ci sont à leur tour intégrés dans les futures planifications. Je suis attentivement l’évolution durant l’année pour les diverses disciplines sans pourtant intervenir dans le domaine opérationnel, et je me contente d’encadrer les directoires et de les soutenir lorsqu’ils l’attendent et le souhaitent.

Quels sont les défis que vous devez maîtriser dans le cadre de votre fonction?

Comme je l’ai déjà mentionné plus haut, la FSSE fonctionne selon un système de milice. Cela signifie que c’est toujours un grand défi de trouver suffisamment de personnes très motivées et bien formées pour tous les divers postes qui sont nombreux. Ces personnes remplissent ces tâches durant leur temps libre en sacrifiant beaucoup de temps et en engageant tout leur savoir-faire dans leurs fonctions. Cela signifie, également pour moi, qu’il faut éviter si possible de les fâcher, tout en leur faisant comprendre qu’ils doivent suivre des directives et connaître les limites ce qui exige une bonne portion de diplomatie.

Aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile de trouver des bénévoles prêts à assumer des tâches au sein d’un club ou d’une association. Il faut contacter personnellement les personnes éventuellement intéressées car elles ne viennent plus de leur propre chef. Auparavant, les anciens cavaliers voulaient rester au service du sport équestre en endossant certaines tâches lorsqu’ils ne pratiquaient plus l’équitation de façon active.

«Aujourd’hui, les sportifs actifs pratiquent leur sport plus longtemps et après leur phase active de compétitions, ils veulent encore avoir du temps pour autre chose que le sport équestre.»

Par ailleurs, le fait d’assurer la communication entre les divers organes, comme par exemple entre le comité et les directoires, et ensuite vers les cadres, représente un grand défi. J’essaie toujours de venir en aide lorsqu’on me le demande. Particulièrement dans des situations délicates ou juste avant que cela dégénère, une personne n’étant pas impliquée peut s’avérer d’un grand secours en tentant, avec le doigté voulu, de trouver des solutions acceptables sachant qu’en fin de compte, il faut toujours tenir compte du cheval.

Quels sont les obstacles auxquels vous êtes confronté hors de votre propre fédération?

En tant que responsable du sport de compétition, j’ai également des tâches politiques comme par exemple de soigner les contacts avec la Fédération Equestre Internationale FEI ou avec Swiss Olympic. En comparaison, la Suisse est une petite nation au sein de la FEI et il est difficile d’être entendu. Mais la ténacité porte ses fruits avec, pour preuve, certains exemples provenant de la discipline Endurance au cours de ces dernières années. Par ailleurs, il existe souvent des tensions entre des organisateurs de manifestations équestres et les associations régionales.

Tous ont leurs propres milieux, leurs dates, leurs sponsors et tous veulent que les meilleurs cavaliers participent à leurs manifestations. Ici aussi les discussions peuvent apporter des solutions puisque le sport n’existe pas sans les compétitions. Je suis très heureux que la collaboration avec le secrétariat fonctionne si bien. En tant que cheffe du sport, Evelyne Niklaus décharge les «miliciens» avec l’aide de tout le secrétariat à chaque fois que cela est possible.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre fonction?

Très clairement en premier lieu sa diversité et sa complexité. Mon job en tant que responsable du sport de compétition a de nombreuses facettes et il est très varié. Je rencontre beaucoup de gens, j’ai de nombreux contacts et je suis toujours confronté à de nouveaux défis. Et le fait que la Suisse ait rejoint l’élite mondiale et qu’elle puisse conserver cette place me stimule et me réjouit sachant que cela est le but à tous les niveaux.

«L’avenir du sport équestre me tient très à cœur.»

Savoir faire le grand écart entre ce qui a fait ses preuves par le passé et la nouveauté n’est pas toujours simple, mais les discussions sont toujours très intéressantes et passionnantes. J’estime que mon engagement pour le sport équestre a une grande utilité socio-politique. Le travail avec les chevaux nous apprend la prévenance et la sensibilité, deux qualités qui ont tendance à se perdre quelquefois au jour d’aujourd’hui. Le cheval a une place très spéciale dans le cœur de la population. Et avec mon travail au sein de la fédération, j’essaie d’assurer au patrimoine cheval une place solide et conforme aux besoins de l’espèce au sein de notre société.

Nicole Basieux

Photos: zVg

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