Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

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Série en plusieurs parties sur le thème des maladies héréditaires chez le cheval de sport – 2ème partie: les sarcoïdes équins – Lorsque cela prolifère partout …

17 mai 2015 12:13

Lors de l’achat d’un cheval tout comme lors du choix d’animaux d’élevage, la prudence est de mise. C’est pourquoi il vaut mieux prévenir que guérir. La recherche autour de telles maladies est donc ­particulièrement importante. Dans une série en plusieurs parties, quelques-unes des maladies héréditaires les plus courantes sont décrites dans le «Bulletin». Ce deuxième volet est consacré au sarcoïde équin. 

Elles prolifèrent et prolifèrent … Les propriétaires de chevaux ayant déjà été confrontés à des sarcoïdes le savent bien: ces tumeurs peuvent être tenaces voire en partie très tenaces. Le sarcoïde équin est la tumeur la plus fréquente chez les chevaux. Il se limite à la peau  et ne touche pas les organes internes.

En règle générale, les jeunes chevaux sont plus facilement touchés sachant néanmoins que des chevaux plus âgés peuvent également être gravement atteints. Il semble que le manque de mécanisme de défense ou des mécanismes de défense déficients ancrés génétiquement et qui sont donc transmis, jouent un rôle important. 

Les sarcoïdes se présentent sous des formes différentes et peuvent être regroupés en divers types. En principe, ils sont sans conséquence pour la vie de l’animal, mais ils peuvent provoquer de graves complications et fortement altérer la qualité de vie d’un cheval et son utilisation. 
Les chevaux eux-mêmes semblent ne pas être dérangés (ou très peu) par ces «verrues». Mais pour le propriétaire, cette maladie peut être très désagréable.

D’une part, les sarcoïdes sont considérés comme fort peu esthétiques, et d’autre part, ils peuvent fortement limiter l’utilisation d’un cheval, voire même l’empêcher lorsque par exemple les tumeurs se situent au niveau de la selle ou du passage de sangle ou alors sur la tête où elles interfèrent avec la bride. 

Les aspects typiques des sarcoïdes:  

  • Forme plane avec une surface légèrement hyperkératotique – forme occulte. 
  • Zone épaissie alopécique avec une forme de verrue – forme verruqueuse. 
  • Nodule sous-cutané bien circonscrit – formue nodulaire. 
  • Masse tissulaire le plus souvent ulcérée/saignante, quelquefois avec l’aspect d’un chou-fleur. 
  • Les sarcoïdes se situent de préférence sur le poitrail, dans la région axillaire et inguinale, mais également sur la tête et l’encolure.   
  • Ce sont plutôt les jeunes chevaux qui sont atteints; on sait cependant qu’une prolifération des tumeurs peut également se produire chez des chevaux plus âgés. 

Cause

  • Une prédisposition génétique dans le système immunitaire qui s’avère alors «réceptif» au sarcoïde. 
  • Une infection non productive par le papillomavirus bovin transmise très vraisemblablement par des insectes est souvent mise en relation avec les sarcoïdes. Néanmoins, et dans l’état actuel des connaissances, on ne sait pas encore quel est le rôle joué par ce virus dans la formation de sarcoïdes. 

Traitement
Le traitement des sarcoïdes s’avère souvent très difficile et il faut toujours compter avec des rechutes (récidives). Les méthodes de traitement actuelles sont choisies en fonction du nombre, de la taille, de la croissance, de la forme, de la localisation ainsi que de la délimitation de la tumeur, respectivement des tumeurs. 

D’une part, on peut procéder à une intervention chirurgicale soit en procédant à une excision, soit en utilisant la cryochirurgie ou un laser. D’autre part et dans le cadre des thérapies conservatrices, on peut utiliser des médicaments locaux sous forme de solutions ou d’onguents dont les composants de base sont actuellement et principalement des cytotoxiques, donc des agents destinés à freiner la croissance des cellules. Enfin, une thérapie très efficace mais rarement accessible pour les patients équins est la radiothérapie (avec des implants radioactifs). 

Depuis peu, on tente également une lutte globale de cette maladie tumorale. Ces thérapies proposent de stimuler les défenses immunitaires propres qui devraient alors pouvoir s’attaquer aux parties «dégénérées» de la peau en utilisant par exemple le thuya à des doses homéopathiques ou des extraits de gui. Néanmoins, et excepté pour la thérapie avec des extraits de gui, il n’existe aucune donnée scientifique à ce sujet.

Pronostic
Si les sarcoïdes ne présentent pas directement un risque mortel pour le cheval, les pronostics d’une guérison sont très divers en fonction de la localisation sachant qu’en cas de sarcoïdes sur les membres, le pronostic est plutôt mauvais puisque le taux de récidive est important après une ablation chirurgicale. Les sarcoïdes peuvent très rapidement devenir un problème médical lorsque la croissance des tumeurs entraîne des handicaps mécaniques ou des infections purulentes suite à une surface de peau constamment ulcérée et infestée par des insectes.

En plus des problèmes hygiéniques ou esthétiques, de tels sarcoïdes peuvent également très rapidement limiter l’utilisation de l’animal, par exemple lorsqu’ils se situent au niveau du passage de sangle. En outre, pour ces mêmes raisons, ils entraînent toujours une moins-value du cheval et la vente des chevaux qui en sont frappés devient particulièrement difficile.  

Importance pour l’élevage
Il semble qu’un pourcentage considérable de chevaux (pour les races suisses de chevaux 15 % et plus) présente une prédisposition aux sarcoïdes. Néanmoins, l’infestation d’une jument ou d’un étalon ne signifie pas forcément que cette «réceptivité aux sarcoïdes» soit transmise aux descendants. Donc, une exclusion automatique des animaux d’élevage frappés de sarcoïdes ne semble actuellement pas justifiée. Pour autant que l’infestation ne soit pas trop marquée, les sarcoïdes sont en général acceptés chez les animaux d’élevage.  

Nicole Basieux et Christoph Koch ISME

L’Institut suisse de médecine équine ISME

L’Institut suisse de médecine équine ISME prend en charge et soigne les chevaux et autres équidés sur deux sites: la clinique équine de Berne et la clinique d’Avenches. En plus des prestations pour tous les détenteurs de chevaux, l’ISME se consacre également à divers sujets de recherche. Vous trouverez plus d’informations sous www.ismequine.ch.

Série sur les maladies héréditaires

Cette série en plusieurs parties sur les maladies héréditaires chez le cheval de sport est publiée en collaboration avec l’Institut suisse de médecine équine ISME ainsi que la Fédération d’élevage du cheval de sport CH FECH. Le premier volet «Introduction et dermatite estivale allergique» a déjà paru dans le «Bulletin» 03/15.

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