Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

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Attelage
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Les attelages en hibernation

10 mars 2020 08:00

En Attelage, la préparation pour la saison à venir débute tôt car dans ce sport d’été, les fondations des médailles sont crées en hiver.

Michaël Barbey est un meneur expérimenté des attelages à un avec plusieurs participations aux CM. (Photo: Claudia A. Spitz) Michaël Barbey est un meneur expérimenté des attelages à un avec plusieurs participations aux CM. (Photo: Claudia A. Spitz)

En principe, la saison des meneurs dure de fin mars à fin septembre sachant cependant que les attelages à quatre sont l’exception qui confirme la règle lorsqu’ils se qualifient pour la Coupe du monde, comme Jérôme Voutaz. Pour cette série de concours en halle, les meneurs parcourent beaucoup de kilomètres pour se rendre sur les 4-5 lieux de compétition. Pour un amateur comme Voutaz, cela représente un énorme défi tant au niveau du temps que pour la planification de l’entraînement. De plus, l’expérience prouve qu’une telle double charge ne peut pratiquement pas être maîtrisée avec un seul attelage sachant que même si les épreuves de la Coupe du monde sont courtes, les chevaux sont fortement sollicités. C’est la raison pour laquelle les meneurs de pointe attellent souvent d’autres chevaux en hiver ou alors, ils disposent de deux attelages.

 

Une longue saison en vue

Cette année, le Championnat du monde des attelages à un aura lieu inhabituellement tard dans la saison, soit à la fin du mois d’octobre à Pau, dans le sud de la France. Cela représente un double défi. D’une part, à Pau, on peut encore atteindre des températures dépassant les 20 °C même à la fin de l’automne et d’autre part, la saison doit être planifiée différemment que quand un championnat du monde se déroule normalement à la mi-août ou au début de septembre sachant qu’il est impossible de garder un cheval en pleine forme durant tout ce temps.

Il existe donc deux possibilités: soit on débute sa saison plus tard, ou alors on la répartit en deux phases avec une pause au milieu sans oublier le fait qu’il faut encore respecter les exigences de la Fédération internationale FEI pour la qualification au Championnat du monde.

Cette année aussi, Stefan Ulrich tentera de se qualifier pour les CM des attelages à un. (Photo: Claudia A. Spitz) Cette année aussi, Stefan Ulrich tentera de se qualifier pour les CM des attelages à un. (Photo: Claudia A. Spitz)

Différentes approches

Chaque meneur a sa propre approche. Ainsi, le meneur du cadre des attelages à un, Mario Gandolfo, a terminé sa saison 2019 avec la répétition générale du CM à Pau (FRA). Ensuite, son hongre franches-montagnes de 11 ans Hakam du Seneut CH aura bénéficié d’une pause de quatre mois au pré avant la reprise des entraînements au début du mois de mars. Le premier concours est prévu pour la fin avril. «Je ne veux pas que les chevaux aient une si longue saison car cela n’est bon ni pour leur santé ni pour leur moral», selon le Jurassien.

L’approche de son collègue du cadre Michaël Barbey est un peu différente. Après la saison, il fait une pause d’un mois et demi à deux mois. Et si les chevaux sont dehors, ils sont travaillés deux fois par semaine, une fois sous la selle et une fois attelés à la voiture. «Pour moi, il est important que les chevaux bougent de façon ciblée également durant la pause. C’est bon pour la musculature et pour l’organisme et cela engendre un bien-être général», de cela Barbey en est convaincu. Début janvier, le travail reprend et la sollicitation augmente lentement. Les chevaux sont pour moitié montés et pour moitié menés et on passe du travail de dressage aux sorties dans le terrain en fonction du temps et de l’état du sol.

Avec Stefan Ulrich, ces deux meneurs composaient l’équipe qui avait représenté la Suisse il y a deux ans au Championnat du monde de Kronenberg (NED). Ulrich offre aussi à ses chevaux une pause d’un mois au pré après la saison avant de reprendre le travail. Au début, les chevaux sont surtout montés, d’une part dans le terrain et d’autre part sur le paddock avec un entraînement de gymnastique et de dressage. Cela se fait le plus souvent le soir et plus les jours augmentent, plus le travail est intensif. Le week-end, les chevaux peuvent aussi être attelés. L’écurie Ulrich comporte huit chevaux qui sont travaillés par Stefan et par son père Werner. Chaque cheval est entraîné entre quatre et cinq fois par semaine. Les autres jours, ils se distraient dans le paddock ou ils marchent dans le carrousel.

 

Le calme est une force

Pour l’entraîneur et responsable du cadre des attelages à un Christian Iseli, il est important en hiver que non seulement les chevaux mais également les meneurs puissent se reposer. En effet, durant la saison, ceux-ci investissent une grande partie de leurs loisirs dans le sport et ils doivent prendre du temps en hiver pour d’autres choses comme la famille, les contacts sociaux, le job. C’est la condition pour qu’un meneur puisse affronter la nouvelle saison avec sérénité et avec calme.

Iseli conseille d’utiliser les pauses hivernales pour donner une nouvelle énergie aux chevaux en les laissant au pré, en les longeant ou lors de promenades décontractées. Ensuite, la préparation doit se faire pas à pas sans surcharger le cheval ou les chevaux.

«En principe, le sport d’attelage exige endurance, puissance et agilité», explique le coach. «Or, pour l’attelage, la base est un cheval bien travaillé au niveau du dressage qui doit de plus disposer de l’endurance et de la force rapide nécessaires. C’est pourquoi le dressage est au centre du travail d’entraînement sachant que les autres domaines ne doivent pas être négligés.» Pour Christian Iseli, lors d’une saison normale, le travail avec la voiture débute en mars et il s’intensifie au fur et à mesure en vue du premier concours.

Mario Gandolfo est un candidat pour les CM 2020 des attelages à un qui auront lieu aux Pays-Bas. (Photo: Claudia A. Spitz) Mario Gandolfo est un candidat pour les CM 2020 des attelages à un qui auront lieu aux Pays-Bas. (Photo: Claudia A. Spitz)

Année intermédiaire

Pour les cadres des attelages à deux et des attelages poneys, aucun championnat n’est au programme de cette année. Il s’agit donc d’une année intermédiaire, ce qui n’est pas synonyme d’année de pause, car la préparation pour le prochain Championnat du monde débute déjà. Dans ce cas de figure, la saison doit aussi être planifiée dans les détails pour être en forme lors de la première qualification FEI à la fin de l’année.

Pour le responsable du cadre des attelages à deux, Thomas Scherrer, il est important qu’en hiver, les chevaux soient travaillés sous la selle. Le travail de dressage et de gymnastique sous la selle est la base d’un bon dressage en attelage.» Il est aussi important de soigner la condition en mars ou en avril avant les premiers concours. Lorsque les chevaux sont bougés régulièrement en hiver, ils disposent d’une bonne condition physique de base, ce qui leur permet d’être rapidement en forme pour le marathon.

Pour le meneur d’attelage à deux, Bruno Meier, le meilleur Suisse lors du dernier CM avec une place dans le top 10, la monte est au premier plan en hiver. Après la saison et durant près de trois semaines, l’entraînement des chevaux diminue et ceux-ci disposent de beaucoup de temps au pré tant que les conditions sont bonnes. A partir de la mi-décembre, le travail reprend. Les chevaux sont surtout montés et longés avec, de temps à autre, des sorties avec l’attelage. A partir de la mi-février, l’entraînement s’intensifie, les chevaux sont plus souvent menés mais ils sont toujours montés et longés. Le travail augmente successivement afin que l’attelage atteigne sa forme de compétition vers la fin-mars. «Il est important que les chevaux bénéficient d’un entraînement varié. Ils sont donc attelés à un ou à deux avec divers autres chevaux» selon la philosophie d’entraînement de Bruno Meier.

 

Beaucoup de travail pour les attelages à quatre

L’entraînement des attelages à quatre représente un véritable défi puisqu’au moins cinq chevaux ou poneys doivent être bougés. Dominic Falk, membre de l’équipe en bronze du CM Poneys 2019, préconise une pause d’au moins un mois après la saison. «Il est important que les poneys puissent se reposer après une saison.» Cette année, la pause était un peu plus longue et il a repris le travail avec son attelage au début de février. Les poneys sont menés et longés. Etant donné qu’ils sont trop petits pour être sérieusement montés, le travail à la double longe a une grande importance pour Falk et celle-ci est utilisée de façon individuelle selon le poney. «Durant la semaine, j’ai la chance de pouvoir travailler mes poneys au cours de la pause de midi.» Ainsi, tous les poneys sont entraînés environ cinq fois par semaine. Ils passent beaucoup de temps au paddock et ils marchent également dans le carrousel. «Pour moi, il est important que les poneys puissent simplement se reposer et qu’ils ne soient pas surmenés», explique ce maréchal-ferrant de métier.

Comme on peut le constater, la pause hivernale est très importante pour les meneurs. Et même si le travail est différent, on constate qu’une préparation continue et très variée est cruciale. Ou pour le dire avec les mots de Christian Iseli: «Tout ce qu’on fait doit être logique - pour le cheval et le meneur.»

Claudia A. Spitz

En 2019, Dominic Falk était membre de l’équipe de bronze des CM en Hongrie. (Photo: Claudia A. Spitz) En 2019, Dominic Falk était membre de l’équipe de bronze des CM en Hongrie. (Photo: Claudia A. Spitz)

Bruno Meier, champion suisse 2019 des attelages à deux. (Photo: Brigitte Gfeller) Bruno Meier, champion suisse 2019 des attelages à deux. (Photo: Brigitte Gfeller)

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