Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

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Dominik Burger: «Nous voulons sortir les cavaliers de leur zone de confort»

12 mai 2017 09:45

Interview avec Dominik Burger, chef d’équipe du cadre Elite et du cadre Perspective de Concours Complet

Pourquoi avoir passé du concept de l’entraîneur national à l’idée de l’entraînement individuel?  

Le concept selon lequel un coach national collabore avec les entraîneurs personnels des cavaliers, respectivement communique avec eux, n’a malheureusement pas fonctionné comme nous l’avions espéré. Aujourd’hui, nous pensons que ce concept est encore très bon, mais qu’il est (encore) difficile à mettre en pratique. De plus, nous n’avons pas assez de moyens pour copier la Grande-Bretagne ou l’Allemagne et nous devons les utiliser avec un maximum d’efficacité. Par ailleurs, nous ne disposons pas en Suisse d’un réservoir suffisant en candidates et candidats potentiels pour les sélections pour pouvoir copier sur les grandes nations.

Des discussions individuelles avec les membres des cadres avec des analyses des points forts et des points faibles ont eu lieu. Quelles sont les enseignements que tu as pu tirer de ces discussions?  

Ce furent de bonnes discussions franches et ouvertes. Les analyses des forces et des faiblesses sont toujours nécessaires et ce jusqu’à la victoire aux Jeux Olympiques, et si on veut être performant à long terme, même après les JO. Il y a donc toujours du travail. Je suis allé visiter de nombreux cavaliers chez eux, dans leur écurie, ce qui m’a permis de récolter des impressions précieuses. Le régionalisme des forces et des faiblesses est frappant, Ainsi par exemple, on constate une certaine faiblesse au niveau du dressage en Suisse romande. Et on constate également souvent que les cavaliers qui ont un point faible, par exemple le dressage, participent beaucoup plus souvent à des épreuves de saut qu’à des épreuves de dressage et vice-versa. L’une des idées de notre nouvelle stratégie consiste entre autres à sortir les cavaliers de leur «zone de confort» afin de les renforcer et de leur permettre d’avancer.

Qu’en est-il de la motivation des cavaliers?

Elle est vraiment excellente. Mis à part les trois cavaliers qui participaient déjà à des concours à l’étranger, tous ont participé à l’entraînement des cadres qui était en fait facultatif. Durant toutes ces années, je n’avais jamais vu ça. La mise sur pied d’un cadre Perspective est également une super idée car les cavaliers concernés sont extrêmement motivés, ce qui stimule également l’élite en la poussant à produire de meilleures performances. 

Que s’est-il passé depuis ces discussions?  

Nous sommes en plein travail. Des spécialistes de pointe ont été mis à contribution dans toutes les disciplines, par exemple également dans le domaine mental et grâce à l’approche ActionTypes. Certaines choses fonctionnent à merveille alors que d’autres ont plus de peine à passer, ce qui est dans la nature des choses lorsqu’on introduit des nouveautés. La saison a débuté et le premier repérage est en cours. Nous avons également enregistré les premiers magnifiques succès comme la troisième place de Mélody Johner à Vairano et le week-end dernier la victoire de Ben Vogg à Montelibretti. Dans un mois, nous en saurons encore beaucoup plus et nous pourrons alors faire le bilan de la première phase du nouveau concept. Nous allons analyser l’évolution de chaque cavalier afin de voir si des premières améliorations sont visibles. Je suis également impatient de recevoir les commentaires des cavaliers, que nous prendrons très au sérieux sachant que nous autres officiels devons également constamment nous améliorer pour rester dans le coup.

Un autre objectif consistait à utiliser les synergies dans le cadre de la planification de la saison. Y êtes-vous parvenus?

Les épreuves de sélection nous donnent la voie à suivre. J’estime que le plan de la saison que nous avons proposé jusqu’aux championnats d’Europe de chaque cadre sera suivi à raison de 80 % par les cavaliers sachant qu’à côté, des solutions individuelles sont possibles, ce qui était également prévu.

Le nom «Riotokio» indique une planification à long terme. Quels sont les objectifs des étapes sur le chemin menant à Tokyo?

Grâce au nouveau concept «Riotokio» introduit durant la saison 2017, nous espérons produire des surprises positives au niveau international peut-être déjà au cours de cette année et ensuite durant les prochaines années, grâce à une efficience maximale, une collaboration optimale et l’esprit d’équipe nécessaire. En plus des bons résultats espérés lors du championnat d’Europe en Pologne, l’objectif pour l’élite consiste à se mettre en bonne position pour le championnat du monde de 2018, avec la première qualification pour les JO de Tokyo.

Les 11 et 12 mars, le week-end d’entraînement des cadres a eu lieu à Avenches. Quel est ton bilan?

C’était très intéressant et très intense. Nous devons compenser le réservoir manquant par rapport par exemple à l’Allemagne ou la Grande-Bretagne de manière intelligente et au prix d’efforts. Ainsi, nous devons essayer de devenir une communauté d’intérêt qui fonctionne le mieux possible. Nous ne pratiquons pas un sport d’équipe comme les footballeurs mais avec un objectif commun et le respect de l’autre, nous pouvons apprendre les uns des autres et nous soutenir. Et je tiens à citer à titre d’exemple la description écrite linéaire des parcours de terrain des cavaliers par leurs collègues de l’équipe, opération menée pour la première fois qui nous a permis de provoquer des retours objectifs, fondés et différenciés. Cette méthode positive et constructive de critiques mutuelles a bien fonctionné et elle a même incité l’entraîneur à donner des appréciations encore plus différenciées.
En plus de l’aspect technique, le management physique et psychique des cavalières et des cavaliers est particulièrement important, même si dans le sport équestre, cet aspect fait étonnement encore figure de parent pauvre. Ici, nous sommes à la même enseigne que les Français qui utilisent par exemple depuis deux ans l’approche de coaching ActionTypes. Or, sur le plan mental également, nous devons être au même niveau, voire même avoir une longueur d’avance pour remporter des succès.  

La saison va débuter. Quels sont les étapes suivantes?

Durant l’hiver, le travail a été intense et nous attendons avec impatience de voir ce qui a peut-être déjà porté ses fruits. Quelques mois ne suffisent pas pour tout changer mais on espère voir les premiers signes prometteurs et vivre quelques temps forts.

L’interview a été menée par Tamara Acklin.

Kaderreiterin Mélody Johner und Frimeur du Record CH (Image: http://www.vairanocic.it) Kaderreiterin Mélody Johner und Frimeur du Record CH (Image: http://www.vairanocic.it)