Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

Menu
Saut
Saut

«La Coupe des nations devrait être la figure de proue de notre sport»

24 avril 2017 16:10

La saison verte est à nos portes et après l’année olympique 2016 suivra peut-être une année un peu plus calme de championnats d’Europe. Mais, l’année prochaine déjà, une autre grande manifestation pointe déjà son nez avec les Jeux Equestres Mondiaux de Tryon (USA), sans oublier les prochains Jeux olympiques à Tokyo en 2020. En compagnie du chef d’équipe Saut Elite, le «Bulletin» a risqué un oeil sur le proche et le lointain avenir.

«Bulletin»: Une épreuve Coupe des nations a déjà eu lieu à la mi-février à Al Ain aux Emirats arabes unis. La prochaine étape sera Lummen (BEL) à la fin avril. Qu’est-ce qui attend les cavalières et les cavaliers d’élite suisses dans les épreuves de la Coupe des nations en 2017?

Andy Kistler: La Coupe des nations 2017 a été remodelée. Chaque équipe se voit attribuer six CSIO dont les quatre meilleurs résultats sont ensuite pris en considération dans le comptage des points. Avec ce nouveau règlement, je m’attends à une compétition plus serrée et passionnante. Les compétitions suivantes compteront pour nous: La Baule (FRA), Saint-Gall (SUI), Rotterdam (NED), Falsterbo (SWE), Hickstead (GBR) et Dublin (IRL).

Mis à part la Coupe des nations, il y a encore d’autres manifestations sur le programme.

Tout comme ces dernières années, nous sommes à nouveau invités aux compétitions 5* d’Aix-la-Chapelle (GER) et de Calgary (CAN). Nous avons de plus reçu des invitations aux manifestations de la division européenne 1 à Lummen (BEL) et, un peu à la dernière minute, à Rome (ITA). Cela signifie que la Suisse sera représentée aux huit manifestations par une équipe. A Lummen et à Rome, nous aurons la possibilité de prendre des points aux autres équipes et de tester l’une ou l’autre nouvelle paire cavalier-cheval.

Il est aussi réjouissant que nous ayons été invités à une compétition 3* de la deuxième division à Roeser au Luxembourg. Peut-être que d’autres invitations à des manifestations 3* suivront.

Mais le point fort de la saison sera probablement le Championnat d’Europe à Göteborg en août, n’est-ce pas? Quel sera l’objectif de l’équipe suisse là-bas?

Il est clair que le Championnat d’Europe est l’événement le plus important cette année, et nous ferons tout pour rentrer avec une médaille, par équipe de préférence!

Deux membres du cadre Elite ont dernièrement annoncé leur retraite, pour des raisons privées resp. professionnelles. Que pensez-vous de ces décisions? Le sport de performance est-il réellement incompatible avec une autre profession?

Le sport de performance peut-être, mais pas le sport de haut niveau. Cela dépend des objectifs de chaque cavalier. Pour atteindre le niveau d’élite, il faut être professionnel à 100% et avoir beaucoup de talent et de volonté. Cela nécessite également beaucoup d’engagement et d’habileté dans de nombreux domaines, de l’entraînement mental à l’entraînement physique, en passant par la collaboration avec les propriétaires, la gestion des chevaux, la communication, la gestion d’entreprise, l’organisation, etc. Notre sport a plus d’une dimension, non seulement parce qu’il implique deux êtres vivants, mais aussi parce qu’il est en train de s’étendre sur toute la planète.

Je comprends et je respecte les décisions de Claudia Gisler et Fanny Queloz. Je les remercie encore une fois toutes les deux et leur souhaite tout de bon pour leurs nouvelles professions fascinantes. Je suis d’ailleurs certain qu’elles garderont toutes les deux un pied dans notre sport d’une manière ou d’une autre.

De nouveaux talents succèderont-ils aux deux cavalières qui se retirent? Et comment la Suisse peut-elle aller encore plus loin?

Je suis confiant en ce qui concerne l’arrivée de nouveaux talents. Nous avons pu observer des paires très prometteuses la saison passée ou lors du CSI de Zurich. Atteindre le haut niveau n’est cependant pas facile. Mais revenons à l’élite: nous devons tout faire pour que d’autres paires se rapprochent du haut niveau mondial. Nous avons plus de chances de remporter une compétition importante si nous arrivons à sélectionner quatre ou même cinq cavaliers d’élite mondiale dont les chevaux sont au meilleur de leur forme.

Je me réjouis aussi du fait que nous essayions de rendre le championnat suisse et la finale du Top Ten plus attractifs avec les qualifications nationales. Cela permet aux cavaliers talentueux de progresser et de se présenter au grand public.

Il a été révélé dernièrement qu’une procédure a été engagée contre l’un des cavaliers d’élite pour maltraitance envers un animal. Que pensez-vous de cette affaire?

Il s’agit d’une procédure en cours, tant qu’aucun jugement n’a été prononcé, le principe de la présomption d’innocence s’applique. D’une manière générale, j’aimerais relever que le bien-être de notre partenaire sportif le cheval figure au premier rang des préoccupations de la FSSE.

Au niveau du personnel, le cadre suisse et vous-mêmes pourrez dorénavant compter sur la collaboration de l’entraîneur technique Thomas Fuchs pour l’élite et du chef d’équipe de la relève Christian Sottas. Qu’est-ce que cela signifie pour le saut d’obstacles suisse dans la comparaison internationale?

Je suis très heureux que notre équipe et moi-même puissions collaborer avec Thomas Fuchs. C’est un entraîneur fantastique, et j’essaie moi aussi de faire de mon mieux dans mon domaine. Nous devrions ainsi être capables de soutenir notre équipe de manière optimale. J’aimerais d’ailleurs en profiter pour mentionner tous ceux qui nous aident à soutenir notre équipe: la FSSE, les associations régionales, le Directoire saut, le secrétariat, les vétérinaires, les entraîneurs privés ainsi que les préparateurs mentaux et les coachs de fitness, les propriétaires, les grooms, les familles, le Swiss Team Trophy, etc. qui tirent tous sur la même corde. De plus, nous avons des organisateurs de manifestations parfaits à tous les niveaux ainsi qu’un groupe de personnes issues des médias qui nous soutiennent également de manière optimale.

Il y a également du changement au sein de la relève avec Christian Sottas qui reprend les fonctions pas si faciles d’Albert Lischer et Willy Melliger, que j’aimerais remercier chaleureusement au passage. Je connais et j’apprécie Christian depuis très longtemps déjà et je suis sûr qu’avec le soutien du chef sport Stéphane Montavon et de la responsable children Conny Notz, il va très bien faire son travail. De plus, nous pouvons également compter sur le savoir-faire et l’expérience de Thomas Fuchs dans ce domaine.

Quels sont les objectifs à long terme sur cette période entre deux Jeux olympiques d’été?

Nous avons manqué les médailles de peu à Rio, c’est donc ce que nous voulons faire mieux à Tokyo en 2020. Jusque-là, nous espérons ajouter encore l’une ou l’autre médaille d’un championnat d’Europe ou du monde à l’imposante collection de médailles suisse. Il ne faut pas non plus oublier que nous souhaitons conserver notre place au sein de la première division européenne et que nous avons aussi des vues sur la finale de la Coupe des nations.

Les cavaliers de saut suisses se sont montrés au meilleur de leur forme lors de la finale Coupe du monde à Omaha (USA). Quel bilan tirez-vous de ce succès?

Pour le moment, je suis simplement très fier de notre équipe d’Omaha. Etant donné que je n’ai pas pu faire le voyage suite à mon accident, j’ai suivi la compétition depuis chez moi tout en étant en contact régulièrement avec l’équipe sur place. Avec nos trois rangs à l’avant du classement et trois chevaux fantastiques, nous avons été la nation la plus performante. Nous avons d’ailleurs la chance d’avoir des propriétaires formidables et très loyaux comme partenaires et amis. Pour conclure, je dirais que nous nous rapprochons pas à pas des meilleures nations et que nous allons continuer sur cette voie et chercher à nous améliorer continuellement.

Et mis à part les objectifs sportifs?

Les dernières évolutions au sein de notre sport me préoccupent beaucoup ces derniers temps. Où va nous conduire la FEI? Je suis un sportif passionné et j’aimerais que l’on puisse progresser dans notre sport grâce à la performance. Je suis d’ailleurs aussi un grand fan de la Coupe des nations qui permet à un pays de soutenir toute une équipe au lieu d’un sportif individuel. La Coupe des nations devrait être la figure de proue de notre sport et avoir encore plus d’importance. Nous allons voir ce qui sera discuté au FEI Sports Forum à Lausanne en avril.

Nicole Basieux

Ce site utilise des cookies à des fins de statistiques, d’optimisation et de marketing ciblé. En poursuivant votre visite sur cette page, vous acceptez l’utilisation des cookies aux fins énoncées ci-dessus. En savoir plus.