Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

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«Le cheval doit dans tous les cas être en bonne santé et en bonne condition physique!»

10 septembre 2018 08:00

Depuis le 1er janvier 2013 et en analogie avec les directives FEI, les chevaux peuvent également prendre le départ aux concours régionaux et nationaux en Suisse avec une déclaration de médication. Cela étant, il convient néanmoins de respecter des prescrip-
tions sévères et le cheval doit être en bonne santé le jour de la compétition. Dr. méd. vét. Marco Hermann, vétérinaire et président de la Commission vétérinaire de la Fédération Suisse des Sports Equestres, informe sur ce thème. 

Photo: Daniel Henzi Photo: Daniel Henzi

«Bulletin»: Marco Hermann, qu’entend-on en fait par déclaration de médication?

Marco Hermann: Une déclaration de médication permet à des chevaux en bonne santé mais qui ont auparavant subi un traitement de participer tout de même à un concours, et ceci au terme du délai d’attente durant lequel la substance peut être décelée dans le corps du cheval et pour autant qu’elle n’ait absolument plus aucun effet.

Pourquoi a-t-on décidé d’introduire une telle déclaration de médication et de permettre ainsi aux chevaux ayant été traités auparavant de prendre le départ?

La raison en est que les laboratoires ont massivement développé et notablement amélioré les méthodes d’analyse. Aujourd’hui, il est possible de détecter la plus infime trace d’une substance avec une concentration relevant du domaine nanoscopique, soit un nombre présentant neuf chiffres après la virgule.

Avec la déclaration de médication, on veut apréhender un possible risque résiduel même si on peut partir de l’idée que la substance a déjà été éliminée. En effet, lors d’un contrôle de dopage, il peut arriver qu’en fonction du métabolisme et dans le cas d’une recontamination lors de l’ingestion de paille contaminée par de l’urine, d’infimes résidus (relevant du domaine nanoscopique) soient décelés.

Comment remplir correctement une déclaration de médication?

La déclaration de médication est explicite et doit simplement être remplie correctement et complètement. Il arrive malheureusement que de temps à autre, des déclarations de médication incomplètes soient remises. Il y manque soit un timbre, soit un nom en caractères d’imprimerie, soit une date, une signature ou autres. La Commission vétérinaire contrôle ces déclarations de médication du point de vue technique (respect du délai d’attente) et du point de vue formel (déclaration remplie complètement et correctement). Actuellement, les rares erreurs techniques et les erreurs formelles plus fréquentes sont directement discutées avec le responsable. Aucune sanction n’est prononcée.

Le cavalier ou le meneur doit-il encore prêter attention à autre chose?

En principe pas. Il est important de comprendre qu’une déclaration de médication ne constitue pas un laisser-passer permettant de faire participer un cheval traité. Le jour de la participation au concours, le cheval doit être en bonne santé et en bonne condition physique. En principe, tous les médicaments administrés doivent être complètement éliminés, sachant cependant que des résidus minimes peuvent être décelés lors d’un éventuel contrôle de dopage.

Il convient encore de mentionner que le vétérinaire n’est pas toujours présent à chaque concours. On a donc besoin d’un certain délai. Lors des concours de dressage par exemple, le vétérinaire est de piquet. Dans un tel cas, soit la déclaration de médication doit être envoyée jusqu’à quatre jours avant le concours à un membre de la Commission vétérinaire de la FSSE, soit il faut informer le président du jury ou le délégué technique au moins 90 minutes avant le début de l’épreuve qu’il existe une telle déclaration afin que le vétérinaire de piquet du concours puisse être convoqué. Dans ce cas, les coûts inhérents à ce déplacement sont à la charge du demandeur.

Selon vous, quand une déclaration de médication se justifie-t-elle véritablement?

La déclaration de médication est en premier lieu destinée aux cavaliers amateurs qui ne disposent «que» d’un cheval avec lequel ils participent de temps à autre à des concours. Les pros ou les propriétaires de plusieurs chevaux peuvent remplacer un cheval ayant subi un traitement nécessaire par un autre lors du concours concerné.

Comment cela est-il conciliable avec l’éthique dans le sport équestre?

Selon moi, la possibilité d’une déclaration de médication est absolument conciliable avec l’éthique dans le sport équestre sachant qu’une telle déclaration n’est pas un laisser-passer pour permettre à un cheval traité de prendre le départ. Lesdits chevaux ne doivent plus être sous l’effet des médicaments. Il s’agit uniquement de prévenir un certain risque de présence possible de résidus minimes.

Lorsqu’un cheval doit être traité avant un concours, estimez-vous qu’il est tout de même correct de le laisser participer?

Oui car il s’agit uniquement de minimiser le risque résiduel analytique. Le cheval doit dans tous les cas être en bonne santé et en bonne condition physique!

Pouvez-vous nous donner quelques exemples de cas concrets?

A titre d’exemple, le cheval d’un cavalier (amateur) présente des symptômes de colique le mardi. Un médicament, dont le délai d’attente est de deux jours, lui est donc administré sachant qu’il est recommandé de compter un jour d’attente de plus pour plus de sécurité. Le vendredi, le cavalier voulait participer à un concours. Le temps est donc un peu juste, surtout si on compte trois jours pour des raisons de sécurité. Avec une déclaration de médication, ce risque résiduel peut être appréhendé si lors d’un éventuel contrôle de dopage, des résidus minimes du médicament administré devaient être décelés.

Qu’en est-il avec un cheval souffrant d’une maladie chronique comme par exemple la cécité de la lune qui doit être traitée en continu? Un tel cheval peut-il participer, respectivement être apte au sport à moyen et à long terme?

Selon moi, lorsqu’on a un cheval qui souffre d’une maladie chronique et qui doit donc être constamment traité avec des médicaments, on peut s’interroger sur le bien-fondé de pratiquer la compétition avec lui. Il est peut-être possible (p. ex. dans le cas cité) d’opérer le cheval, donc de lui enlever un oeil. Il n’a plus de douleurs et des chevaux borgnes peuvent pratiquer le sport. Il faut de plus tenir compte du fait que l’administration continue de médicaments, par exemple de la cortisone, peut impacter d’autres organes.

En plus de la déclaration de médication, d’autres thèmes importants doivent être pris en compte dans le sport équestre, comme par exemple le problème de la contamination du fourrage. Quels sont les conseils concrets que vous pouvez donner aux sportifs équestres?

Il convient d’être très prudent lors de l’utilisation de boxes, de fourrage et d’abreuvoirs étrangers. Et si d’autres chevaux de la même exploitation reçoivent des médicaments mélangés à la nourriture, la plus grande prudence est de mise.

Il s’agit de rester attentif, de faire très attention, de contrôler et d’examiner le lieu de provenance ainsi que la production de la nourriture et des compléments alimentaires, et de responsabiliser les fournisseurs. Les fabricants devraient pouvoir garantir l’«innocuité en matière de dopage» de leurs produits, de leurs aliments et de leurs compléments alimentaires.

Nicole Basieux

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