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Le sevrage, une étape à ne pas négliger!

14 septembre 2020 09:00

Le sevrage induit deux changements importants dans la vie du poulain: être privé définitivement du lait maternel et ne plus bénéficier de la présence rassurante de sa mère. Bien souvent, le sevrage implique également que le poulain change de lieu et de type de détention, qu’il soit réuni avec des congénères inconnus et soigné par de nouvelles personnes. Le sevrage n’est jamais un moment agréable ni pour le poulain ni pour sa mère. Cependant, il est possible de faciliter cette étape importante dans la vie du jeune cheval.

@ Agroscope @ Agroscope

La tétée: bien plus qu’un repas

Au-delà de la prise de nourriture, la tétée représente pour un poulain un «comportement de confort» qui le rassure. On constate par exemple très souvent que le poulain va se réfugier vers sa mère et téter après une brève séparation ou après avoir été apeuré. Dans la nature, les jeunes cessent de téter vers 10 mois lorsque leur mère donne naissance à un nouveau poulain. L’arrêt de la consommation de lait ne signifie pas que le poulain coupe tous les liens avec sa mère. Il continue d’avoir des contacts jusqu’à sa maturité sexuelle. La mère peut ainsi continuer l’éducation de son poulain.

 

Une série de changements

En élevage, les poulains sont généralement sevrés vers 5 à 7 mois, notamment pour permettre à la jument de reprendre des forces en vue de l’arrivée de son prochain poulain. La séparation de la mère, le changement d’alimentation (lait complètement remplacé par du fourrage grossier et du grain), l’intégration dans un nouveau système de détention et dans un troupeau inconnu ainsi que l’habituation aux nouvelles personnes qui s’occupent de lui sont des facteurs de perturbations émotionnelles, physiques et physiologiques pour le poulain.

 

Limiter le stress

Un sevrage trop stressant peut avoir des conséquences irrémédiables sur la santé physique et mentale du cheval, notamment un affaiblissement du système immunitaire, un risque de développer des ulcères gastriques et une augmentation de l’émergence de comportements anormaux ou stéréotypés (p. ex. le tic à l’air). A moyen terme, le stress du sevrage peut aussi ralentir la croissance du poulain.

Le poulain doit être préparé progressivement aux nombreux changements impliqués par le sevrage.  |  © Agroscope Le poulain doit être préparé progressivement aux nombreux changements impliqués par le sevrage. | © Agroscope

Habituer progressivement aux changements

Il n’y a pas de recette magique ou de solution universelle pour le sevrage d’un poulain. La manière de procéder sera adaptée en fonction du nombre de poulains à sevrer, de la structure de l’exploitation d’élevage, de la disponibilité de l’éleveur ou de l’éleveuse, de ses convictions personnelles, etc. De manière générale, il s’agit d’éviter que tous les changements liés au sevrage aient lieu en même temps afin que le poulain puisse s’y habituer petit à petit.

 

Réduire le temps passé avec la mère

Comme son nom l’indique, le sevrage progressif consiste à réduire peu à peu le temps que le poulain passe avec la jument pour préparer la future séparation. Le nombre de tétées est également réduit progressivement, ce qui encourage le poulain à consommer du fourrage grossier et favorise la réduction de la quantité de lait produite par la jument. Cette procédure s’apparente le plus à ce qui se passe à l’état naturel où le poulain passe de plus en plus de temps en compagnie d’autres membres du troupeau, comme les tantes ou les autres poulains. Le sevrage progressif ne doit pas être entrepris trop tôt. Des études ont montré que le poulain ne s’habitue pas à être séparé de sa mère si les séquences de séparation ont lieu lors des douze premières semaines de vie. Il est par conséquent conseillé d’attendre que le poulain soit âgé de 5 à 6 mois avant de commencer à le séparer progressivement de sa mère. Au début de la procédure, la séparation se limitera à une heure, puis à cinq à six heures et enfin à douze heures d’affilée. Le sevrage progressif a convaincu nombre d’éleveurs et d’éleveuses dans la pratique. Cependant, il est possible que certains poulains et leur mère vivent ces séparations successives de manière plus stressante qu’une seule séparation définitive. Il est important de bien observer le comportement du poulain. Les signes de stress (augmentation de la locomotion, fréquence de hennissements et de crottinements plus élevée, comportement agressif) devraient diminuer si le poulain s’habitue à la séparation de sa mère. Certains spécialistes conseillent de séparer la jument du poulain par une barrière solide ou de les loger dans des boxes adjacents. Ainsi, le poulain ne peut plus téter, mais il est rassuré par la possibilité de voir, sentir et toucher sa mère. Une attention toute particulière doit être portée à l’infrastructure afin de limiter les risques de blessures car l’instinct du poulain va le pousser à tenter de rejoindre sa mère.

Avec le temps, les poulains deviennent de plus en plus indépendants. Ainsi, ils se séparent progressivement de leur mère.  |  © Agroscope Avec le temps, les poulains deviennent de plus en plus indépendants. Ainsi, ils se séparent progressivement de leur mère. | © Agroscope

Rassurer le poulain par la présence d’autres chevaux

Qu’elle que soit la procédure de sevrage choisie, la règle d’or est de ne pas laisser le poulain seul! La présence d’autres chevaux, surtout s’il s’agit d’individus que le poulain connaît déjà, réduit considérablement son stress lorsqu’il est séparé momentanément (dans le cas d’un sevrage progressif) ou définitivement de sa mère. Ainsi, il est fortement conseillé de détenir le poulain dans un troupeau de chevaux d’âges et de sexes mixtes. La présence de chevaux adultes atténue les comportements agressifs des jeunes individus du troupeau.

 

Séparation définitive

Le jour de la séparation définitive, il faut faire en sorte que la jument et le poulain ne puissent plus se voir ni s’entendre pour faciliter le retour au calme. Il est conseillé de ne pas faire subir de stress au poulain pendant minimum trois à quatre semaines après la séparation. Les changements dans la détention et l’alimentation ainsi que les manipulations telles que le transport et la castration devraient être reportés à plus tard.

Anja Zollinger
Agroscope, Haras national suisse HNS
Agroscope

Quelle que soit la procédure de sevrage choisie, le poulain a besoin de la présence d’autres chevaux pour le rassurer.  |  © Agroscope Quelle que soit la procédure de sevrage choisie, le poulain a besoin de la présence d’autres chevaux pour le rassurer. | © Agroscope

Eloigner les mères, laisser les poulains dans un environnement connu

Pour les exploitations d’élevage qui possèdent plusieurs poulinières, une excellente solution pour un sevrage serein existe. Elle consiste à détenir les juments et leur poulain ensemble, puis à retirer chaque jour une des mères. Ainsi, les poulains restent dans un environnement connu et sont rassurés par la présence des autres juments et des autres poulains.

Recommandations de la FECH

La Fédération d’élevage du cheval de sport CH (FECH) fournit également des recommandations relatives au sevrage des poulains: Petit guide du sevrage

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