Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

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Dossier: Médecine vétérinaire

Petite piqûre de rappel: les règles de vaccination en vigueur pour participer à des concours

14 septembre 2020 09:00

Stéphane attend son premier départ en compétition de cette saison avec impatience - il pourra enfin prouver qu’il a rattrapé son retard d’entraînement malgré la situation actuelle difficile. La crinière de son partenaire à quatre sabots est soigneusement tressée, le transport s’est passé sans encombre. Une fois son cheval sellé et bridé, il se dirige vers la place d’échauffement. C’est là qu’un bête oubli vient contrecarrer ses plans.

Vacciné correctement: oui ou non? Il n’est pas toujours évident d’interpréter un carnet de vaccination.  |  FSSE/C.Heimgartner Vacciné correctement: oui ou non? Il n’est pas toujours évident d’interpréter un carnet de vaccination. | FSSE/C.Heimgartner

A l’entrée de la place se tient un officiel chargé de surveiller le bon déroulement de l’échauffement. Il demande à Stéphane de lui présenter le passeport de sa monture - oui, le contrôle ponctuel des passeports et carnets de vaccination des chevaux engagés fait partie des tâches des officiels. Pas de problème, pense Stéphane, qui a évidemment le passeport sous la main et veillé à faire administrer le vaccin de rappel annuel dans les délais. Mais l’officiel secoue la tête, l’air navré: l’immunisation de base contre la grippe équine a malheureusement été effectuée de manière incomplète il y a plusieurs années, ce qui signifie que le cheval est interdit de départ jusqu’à ce que celle-ci soit rattrapée et qu’un délai d’une semaine soit écoulé après la deuxième injection.

 

L’immunisation de base, pierre d’achoppement des cavaliers

Tous les sportifs équestres sont conscients du fait que leur cheval doit être vacciné correctement pour participer à des concours hippiques. L’injection de rappel annuelle, aussi appelée «booster», contre la grippe équine fait partie du programme standard pour la plupart des cavaliers. Mais comme souvent, le diable se cache dans les détails: si la primo-vaccination n’a pas été effectuée correctement chez le jeune cheval et que celui-ci a seulement reçu les injections annuelles contre l’influenza, la vaccination n’est pas complète et le cheval est donc interdit de départ.

Le ou la propriétaire du cheval est également responsable de contrôler les vaccins effectués - ou justement oubliés - avant le changement de propriétaire. Si l’immunisation de base est incomplète, elle peut - et doit - être rattrapée à l’âge adulte. Etant donné que cette primo-vaccination se fait sur une certaine période, il vaut la peine de bien planifier celle-ci afin que le cheval soit correctement vacciné et en forme pour le début de saison au printemps.

Une chose à ne pas oublier: il faut pouvoir prouver sur la place de la manifestation que le cheval est vacciné selon les règles en vigueur, c’est-à-dire que le passeport ou le carnet de vaccination doit être emmené à chaque compétition et pouvoir être présenté aux officiels sur demande de ceux-ci.

 

L’année de naissance déterminante

Le schéma de vaccination dépend finalement aussi de l’année de naissance du cheval. En effet, les dispositions de vaccination en Suisse ont été adaptées aux standards internationaux le 1er janvier 2013.

L’immunisation de base des chevaux nés avant cette date est considérée comme complète lorsque deux vaccins contre la grippe équine ont été effectués successivement dans un intervalle de 21 à 92 jours.

Les chevaux nés après le 1er janvier 2013, en revanche, ne sont considérés comme entièrement immunisés qu’après trois injections contre l’influenza. Ces chevaux doivent également d’abord être vaccinés à deux reprises dans un délai de 21 à 92 jours, et une troisième injection doit ensuite être effectuée au plus tard six mois et 21 jours après la deuxième injection. Les chevaux sont cependant autorisés à prendre le départ déjà après le deuxième vaccin de l’immunisation de base, une fois la période d’attente de sept jours écoulée.

Lorsque cette immunisation de base est complète, seuls les boosters annuels contre l’influenza sont nécessaires pour que les règles de vaccination soient respectées. Le vaccin combiné contre la grippe équine et le tétanos peut être effectué le même jour chaque année, donc par exemple le 30 septembre 2019 et le 30 septembre 2020. Il ne faut cependant pas dépasser cet intervalle car le cheval doit repasser toute la procédure d’immunisation de base dans ce cas-là. Un délai de sept jours doit être respecté entre la dernière injection et un départ en compétition.

 

Le vaccin antitétanique

Contrairement au vaccin contre la grippe équine, le vaccin contre le tétanos n’est pas obligatoire pour participer à des manifestations. Mais, étant donné que les chevaux, tout comme les humains, sont très sensibles au tétanos et que les animaux touchés par cette maladie infectieuse n’ont que de très faibles chances de survie, une vaccination contre cette pathologie est vivement recommandée. La bonne nouvelle est que le vaccin antitétanique est très efficace et généralement bien toléré. Il existe de plus des préparations combinées permettant de protéger le cheval à la fois contre l’influenza et le tétanos, ce qui facilite la gestion des vaccinations.

Un cheval est protégé contre le tétanos une fois qu’il a obtenu une immunisation de base par deux injections effectuées dans un intervalle de 21 à 92 jours. Ensuite, la plupart des fabricants de vaccins recommandent l’administration d’un booster tous les deux à trois ans.

Cette fréquence peut surprendre étant donné que chez l’humain, un rappel n’est nécessaire que tous les dix, chez les adultes en bonne santé même que tous les vingt ans, pour maintenir l’immunité. Les intervalles entre les doses d’un vaccin sont actuellement discutés et étudiés dans les milieux vétérinaires, mais il n’existe pas encore de consensus clair sur la question. Généralement, il est possible de déterminer si un cheval est encore suffisamment protégé étant donné que les anticorps anti-tétanos sont détectables dans le sang. Le coût d’un tel test en laboratoire, appelé test de titrage, étant comparable à celui d’un vaccin et l’agent actif de celui-ci étant généralement bien toléré, cette procédure ne s’est cependant pas imposée jusqu’à présent.

 

Directives pour manifestations FEI

Les cavaliers désirant participer à des concours internationaux organisés sous l’égide de la Fédération Equestre Internationale (FEI) avec leurs chevaux doivent respecter les directives de vaccination émises par celle-ci - même si la compétition a lieu en Suisse.

Pour les compétitions FEI, une immunisation de base moyennant trois injections doit avoir été effectuée, le deuxième vaccin se faisant - comme en Suisse - dans un délai de 21 à 92 jours après le premier, et le troisième s’ensuivant dans les sept prochains mois après la deuxième injection d’immunisation de base. Les chevaux sont cependant autorisés à prendre le départ suite au deuxième vaccin après avoir observé un délai d’attente de sept jours après celui-ci.

Les injections de rappel sont ensuite à effectuer dans des intervalles de 365 jours au maximum, la dernière ne devant cependant pas dater de plus de six mois et 21 jours au moment de la compétition. Les chevaux qui participent régulièrement à des concours internationaux tout au long de l’année doivent donc être vaccinés deux fois par an.

Les chevaux enregistrés auprès de la FEI avant le 1er janvier 2005 et ayant reçu une immunisation de base correcte avec deux injections en l’espace de 21 à 92 jours ne sont pas dans l’obligation de présenter un troisième vaccin d’immunisation de base dans les sept mois suivants, à condition cependant qu’ils aient reçu le booster correctement depuis, c’est-à-dire à intervalles réguliers de 365 jours au maximum. Si cette continuité des injections de rappel a été interrompue, le cheval doit à nouveau recevoir l’immunisation de base avec trois vaccins.

Aucun vaccin ne doit être administré à des chevaux devant participer à des concours FEI dans les sept jours avant l’arrivée sur le lieu du concours. Il est également interdit de vacciner des chevaux sur le lieu d’un concours FEI.

Le vaccin contre le tétanos n’est pas obligatoire pour prendre part à des compétitions FEI. Pour participer à des compétitions nationales ou internationales à l’étranger, d’autres vaccins peuvent cependant être nécessaires ou recommandés selon la situation sanitaire du pays en question. Informez-vous avant un voyage à l’étranger sur les directives en vigueur auprès de votre vétérinaire ou de la fédération équestre nationale du pays de destination.

 

Faut-il vacciner son cheval pour un rallye?

Le règlement de vaccination ne vaut d’une manière générale que pour les compétitions des disciplines officielles de la FSSE, c’est-à-dire le Saut, le Concours Complet, le Dressage et le Para-dressage, la Voltige, l’Attelage, l’Endurance, le Reining et le Tétrathlon. La Commission vétérinaire de la FSSE recommande cependant à tous les organisateurs de manifestations d’imposer les directives de vaccination de la FSSE aussi dans leur discipline afin de maintenir le bon état de santé de tous les chevaux en Suisse.

Cornelia Heimgartner

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