Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

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Dossier: Détention des chevaux, aménagement du territoire

Les chevaux - aimés, utilisés, compris?

16 octobre 2017 17:47

Un événement bien organisé, en partie polarisant, motivant les personnes concernées à reconnaître et à communiquer les mauvais comportements dans le quotidien des chevaux et lors des manifestations. Les émotions et les rumeurs n’ont pas leur place ici. Ce sont plutôt les critiques constructives et le respect entre les humains qui aident à avancer.

Mise en scène: Les rênes allemandes sont interdites lors de manifestations organisées sous l’égide de la Fédération Suisse des Sports Equestres. Mise en scène: Les rênes allemandes sont interdites lors de manifestations organisées sous l’égide de la Fédération Suisse des Sports Equestres.

La Protection suisse des animaux (PSA) a organisé sa journée d’étude sur le cheval à Olten. Benedikt Strickler, du comité central de la PSA, a salué le public et présenté l’animatrice Sandra Schaefler, directrice du service PSA animaux de compagnie, qui a ouvert ce séminaire par cette phrase: «Le bon sens des chevaux est ce qui les empêche d’attendre une compréhension raisonnable de la part des humains.» Elle a ensuite donné la parole au premier orateur du jour: Charles Trolliet, vétérinaire et président de la FSSE.

Sport - tâches, possibilités et limites d’une fédération sportive

Charles Trolliet a jeté un regard sur l’histoire du sport équestre et sur son évolution au cours des 200 dernières années. Introduire des règles et instaurer l’égalité des chances dans les compétitions équestres étaient alors les objectifs des associations créées en Angleterre et en France. Grâce à la cavalerie et au travail quotidien avec les chevaux, il existait un lien très étroit avec les animaux ainsi que de larges connaissances pratiques fondamentales. Au cours du temps, le cheval a perdu de son importance au quotidien et pour l’armée, et le savoir-faire appliqué au quotidien est resté en l’état depuis la période précédant l’arrivée de l’automobile. Celui qui se penche aujourd’hui sur la scène équine en constante croissance constate très vite que les femmes y sont en majorité. Et Charles Trolliet n’exclut pas le fait que l’importance croissante accordée au bien-être du cheval depuis la fin du 20e siècle soit dû, en partie, à cette féminisation.

Pour le bien-être

Les règles régissant le sport équestre s’adaptent en permanence en faveur du bien-être des chevaux: la limitation du nombre de départs par jour et par week-end, des limitations d’âge pour certaines catégories, l’interdiction de moyens destinés à augmenter les performances, l’interdiction de faire souffrir les chevaux et de monter des chevaux fatigués ou boiteux. La Fédération Suisse des Sports Equestres (FSSE) peut condamner les infractions commises lors de manifestations organisées sous son égide et lancer des procédures complémentaires si nécessaire. Elle transmet les cas d’abus relevant de la protection des animaux à l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Il ne faut néanmoins pas oublier ce qui se passe en coulisse, loin des places de concours. Et surtout, il faut savoir que seuls 10% des 200 000 cavaliers participent aux manifestations de la FSSE.

Priorité - la formation

Le plus important est la formation de tous les intéressés: cavaliers, meneurs, détenteurs, entraîneurs, juges et vétérinaires. Des comportements inappropriés et les blessures en résultant sont, dans de nombreux cas, le fait de l’ignorance et non de la méchanceté. Et dans notre époque où tout va très vite, l’ignorance empire.

La FSSE peut s’engager à adapter les règlements et la formation ainsi qu’à promouvoir la gestion des conflits sur les places de concours. Mais quoi qu’il en soit, les comportements inappropriés dans le sport de loisir ne relèvent pas de sa surveillance et il n’existe aucun moyen à disposition pour ce faire. Chacun est donc appelé à attirer l’attention sur les fautes et, le cas échéant, à demander conseil auprès des organes officiels.

A la question de l’animatrice de savoir si la présence permanente d’officiel sur les places d’échauffement permet de stigmatiser plus de comportements inappropriés, le président de la FSSE a répondu par l’affirmative: «Oui. Cependant certains ont des complexes et ressentent même de la gêne face aux cavaliers et aux entraîneurs. Il est important de faire preuve de plus de courage et cet aspect fait également partie du programme de formation de la FSSE.» De plus, le recrutement des officiels n’est pas simple sachant que les concours débutent déjà en cours de semaine et qu’il faut alors prendre congé.

Prévention des accidents et des blessures

Le Dr Hanspeter Meier, médecin-vétérinaire et président de la Fédération Suisse des organisations d’Elevage Chevalin (FSEC), a détourné l’attention du public de la FSSE pour la focaliser sur le domaine des courses de chevaux avec son exposé «Prévention des accidents et des blessures». Nous autres humains sommes responsables du bien-être des chevaux dans la civilisation. Or, le fait de prévenir des situations indésirables n’est possible que grâce à l’expérience et à des données fiables récoltées scientifiquement. Si cela fonctionne, cette prévention perd souvent de son importance. Et malheureusement, seuls de graves accidents entraînent le lancement d’études épidémiologiques. Dans le domaine des courses de chevaux, on dispose d’importantes banques de données. Et on a découvert que les courses de sprint (<1200 m), les sols sablonneux et l’utilisation libre de la cravache sont plus souvent en lien avec des accidents mortels que de longues distances, des pistes en gazon et des sprints finaux sans utilisation de la cravache. Les résultats de ces études permettent de tirer les conclusions qui s’imposent. Des contrôles vétérinaires accrus ont été instaurés lors des entraînements et des courses (USA), et lors de l’usage de la cravache, plus de trois coups sur l’épaule sont plus fortement sanctionnés.

Protection des animaux au cirque - expérience, activité et sensation

Après deux exposés axés sur de nombreux faits, le public a pu écouter Freddy Knie Junior raconter le quotidien d’un cirque.

Il a tout d’abord souligné le fait que les chevaux de cirque ne sont pas tous logés à la même enseigne. Au cirque Knie, les chevaux ont une journée bien remplie que ce soit lors de la tournée ou dans leurs quartiers d’hiver. Afin qu’ils ne s’ennuient pas, l’étude du programme de la prochaine saison est planifiée le matin, mais pas plus de 20 minutes par séance. Entre l’entraînement et le spectacle, les chevaux vont au pré durant deux heures en toute saison. Les promenades et la nage contribuent également à l’équilibre des chevaux. Le cirque Knie modernise constamment son mode de détention des animaux qu’il soit mobile ou stationnaire. Les étalons sont en contact et la hiérarchie est partout respectée.

Les entraînements sont toujours publics, ce qui procure à l’équipe du cirque un cadre contrôlé et qui permet aux chevaux de s’habituer à l’agitation déjà lors de l’entraînement.

Selon Sandra Schaefler, la PSA n’a jamais rien trouvé à redire au cirque Knie. Question du public: à partir de quel âge peut-on former les poulains? Pour ce qui est de la charge corporelle, cet homme du cirque expérimenté estime que le poulain doit avoir terminé sa croissance. Par contre, le travail avec le licol d’écurie pour apprendre la confiance peut débuter très tôt, mais ce toujours selon le principe de la douceur, soit avec une friandise comme récompense.

Chevaux de pension, la distinction juridique de la notion de responsabilité

«Lorsque l’on décide d’exploiter une écurie de pension pour chevaux, il serait bon au préalable de s’informer minutieusement sur les pièges que le droit recèle», a constaté le prochain intervenant, l’avocat Bart Krenger. Surtout quand il s’agit d’argent et en fonction des conditions, les lois peuvent invalider des contrats signés. Les aspects relevant de la protection des animaux comme les soins vétérinaires ou le fait de bouger chaque jour les chevaux sont ancrés dans la loi. Ainsi, le propriétaire d’une écurie doit s’assurer que les chevaux puissent bouger chaque jour, même si le propriétaire du cheval ne le souhaite pas. Dans un tel cas, c’est le propriétaire de l’écurie qui pourrait être sanctionné.

Refuge de Darwyn pour les équidés «répudiés»

Anouk Thibaud, présidente du Refuge de Darwyn, a décrit le travail ainsi que les efforts administratifs et personnels pour s’occuper des équidés «répudiés». La plupart des chevaux trouvent une place dans une famille d’accueil. Si des questions de coûts empêchent un placement, le refuge vient en aide après avoir examiné la situation sachant néanmoins que le financement de ce travail n’est pas simple.

Ecurie active pour chevaux et hébergement en groupe

La plupart des détenteurs de chevaux s’efforcent d’offrir à leur cheval une vie adaptée à l’espèce. Martin Klaus, de l’entreprise Schauer, parle par expérience et, dans sa présentation, il a expliqué le concept d’une écurie active. Avec un certain savoir, il est possible de tenir compte des spécificités d’un troupeau hétérogène de chevaux, qu’il s’agisse de limiter l’accès à la zone d’alimentation ou de la séparation informatisée des membres insociables du troupeau. Une conception intelligente de la technique et de l’architecture d’une écurie est aujourd’hui incontournable. Heidi Fischer-Heck pratique la détention en groupe avec une famille de chevaux. Naître et également mourir devant les yeux des tantes et des frères et soeurs renforce les liens intimes au sein de la famille de chevaux. Et des chevaux ayant grandi de façon aussi équilibrée peuvent s’intégrer sans problème également dans d’autres groupes.

Travail de la PSA - activités et recherches

Anne-Kathrin Witschi, du service des contrôles de la PSA, a clôturé cette journée PSA du cheval de cette année avec son exposé. Des manèges, divers concours dans toute la Suisse ainsi que des exploitations de détention de chevaux dans le canton du Jura ont été visités. Dans les manèges, le comportement avec les chevaux ainsi que l’enseignement ont été considérés comme bons. Dans le cadre de la détention, les box isolés à l’intérieur, sans accès au pré restent souvent la norme dans ces exploitations. Lors de concours de toutes les disciplines, des infractions ont été observées à plusieurs reprises: hyperflexion, utilisation des rênes allemandes, muserolles trop serrés, utilisation brutale des éperons et des cravaches, utilisation d’embouchures sévères, tout cela accompagné assez souvent d’une équitation qui laisse à désirer. Au Jura, on peut trouver aujourd’hui encore des écuries vétustes. Par ailleurs, l’indemnité de CHF 500.- pour l’élevage de poulains franches-montagnes ne doit pas être utilisée comme une incitation à les élever en sureffectif.

Charles Trolliet a commenté les observations faites sur les places de concours. Tous les paddocks d’entraînement de chaque niveau devraient être ouverts au public. L’hyperflexion ne devrait pas être jugée sur la base d’une photo. Une position de la tête juste derrière la verticale avec des rênes souples ne peut pas être considérée comme une hyperflexion.

En ce qui concerne la prime de CHF 500.- dans l’élevage des franches-montagnes, la vétérinaire Claudia Graubner constate que sa suppression n’aurait que des conséquences négatives. La consommation implique également une production soumise à des conditions contrôlées. En cas de suppression, l’importation serait favorisée, ce qui serait certainement encore moins conciliable avec la protection des animaux.

Dr med. vet. Claudia Graubner,
ISME Berne

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