Fédération Suisse des Sports Équestres FSSE

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Le reining ne doit pas être synonyme d’images négatives

17 décembre 2018 08:00

Divers incidents négatifs ont terni l’image du reining. A tort, selon les responsables, qui ont donc décidé d’inviter le public à jeter un oeil devant et derrière les coulisses des NRHA Reining Masters de Matzendorf.

Les chevaux de reining montés de manière correcte et avec ménagement peuvent sans autre rester en bonne santé de nombreuses années. En photo: Adrienne Speidel et Chexylution, 10 ans. Photo: Daniel Henzi Les chevaux de reining montés de manière correcte et avec ménagement peuvent sans autre rester en bonne santé de nombreuses années. En photo: Adrienne Speidel et Chexylution, 10 ans. Photo: Daniel Henzi

Après la publication de divers rapports négatifs sur le reining dans les médias, les NRHA Reining Masters, organisés pour la deuxième fois à Matzendorf dans le canton de Soleure, ont été mis à profit pour redresser l’image de cette discipline western. Ainsi, des représentantes de la Protection Suisse des Animaux PSA ont été invitées afin d’apprendre à connaître la discipline plus en profondeur et de se faire une image des chevaux et de leurs cavaliers.

Différents cas négatifs ayant fait l’objet de gros titres dans les médias sont la cause du discrédit dont souffre actuellement le reining: des méthodes d’entraînement peu naturelles et un traitement des chevaux pouvant sans autre être qualifié de cruauté envers les animaux ont suscité beaucoup d’émotions. Cependant les organisateurs des Reining Masters trouvèrent que ces critiques étaient injustifiées. Le fait que les médias ont rapporté uniquement les incidents négatifs, sans même mentionner les nombreux cavaliers de concours respectant leurs chevaux, a largement terni l’image de la discipline. Etant donné que les exemples cités n’étaient que des cas isolés, les organisateurs ont décidé d’ouvrir leurs portes afin de donner un aperçu de la réalité sur place et de favoriser le dialogue entre les parties.

Des règles plus strictes

Sur la place de concours, les scènes négatives ne se déroulent en général pas sous les yeux des juges mais se concentrent surtout sur la place d’échauffement. Pour cette raison, la NRHA fait surveiller les places d’échauffement par des stewards formés en conséquence afin que le règlement du concours soit aussi respecté en dehors de la compétition à proprement parler. Ainsi sont contrôlés l’équipement utilisé et l’état de santé des chevaux tout comme la manière de les travailler afin d’assurer que les animaux ne soient pas surmenés. Le steward responsable a cependant souligné que des interventions actives n’étaient que rarement nécessaires, mais qu’il s’agissait plutôt d’avertir occasionnellement un cavalier sans avoir à appliquer des mesures plus strictes.

Cette explication est-elle réellement la preuve d’une équitation correcte ou, au contraire, plutôt un signe que les règles de la NRHA ne sont pas assez strictes? Quoi qu’il en soit, les organisateurs des Reining Masters ont fait signer une liste supplémentaire de directives aux participants dans le but de garantir un traitement correct des chevaux tout au long de la compétition. Ainsi, la distance minimale avec le mur lors d’un sliding stop a par exemple été augmentée. Par l’introduction de règles de comportement plus strictes, les organisateurs se sont également engagés pour rendre la manifestation plus favorable au bien-être du cheval. Il s’agit là certainement d’une mesure positive dans l’intérêt du cheval, mais semble aussi indiquer que les règlements de la NRHA pourraient encore être améliorés.

La question n’est pas quoi, mais comment

Le reining est sujet à la critique pour différentes raisons. Parmi les facteurs les plus souvent évoqués, il y a par exemple les charges élevées que le corps du cheval doit supporter lors des manoeuvres de reining ainsi que la tendance de la discipline à chercher à obtenir de meilleures performances par des méthodes d’entraînement violentes.

Un cavalier et entraîneur de reining de niveau international affirme cependant qu’il est possible de pratiquer ce sport dans le respect du cheval. Il soutient que ses chevaux sont en bonne santé et que leur programme d’occupation est varié. A l’entraînement, il est plutôt question de savoir reconnaître ce dont a besoin le cheval, que ce soit plus de travail en manège ou plutôt des balades variées à l’extérieur. En ce qui concerne les scènes violentes du reining, elles ne sont, selon lui, pas tellement dues à une mauvaise intention mais sont plutôt le signe d’un manque de savoir-faire de cavaliers inexpérimentés. La contrainte ne permet pas d’aller loin et les «reiners» de haut niveau sont de bons cavaliers qui respectent leurs chevaux, maintient-il.

Les organisateurs des Reining Masters ne sont pas non plus d’accord avec les reproches faits à leur sport. Selon eux, la question n’est pas ce que l’on fait, mais comment l’on le fait. Les charges transmises au corps du cheval lors des spins ou des sliding stops dépendent également de différents facteurs, dont la qualité du sol et des fers de slide. Tous deux doivent être d’une qualité optimale afin que le cheval puisse glisser souplement avec les sabots postérieurs, réduisant ainsi les à-coups sur les articulations et le dos. De plus, il n’est absolument pas nécessaire d’entraîner les manoeuvres tous les jours; une fois que le cheval les maîtrise, il suffit simplement de les répéter de temps à autre. De cette manière, les chevaux de reining peuvent également rester en bonne santé tout au long de leur vie.

Un pas dans la bonne direction

Les Reining Masters de Matzendorf furent un événement très réussi. Des chevaux brillants et une atmosphère détendue ont contribué à présenter la discipline reining sous son meilleur jour. La majorité des cavaliers se sont comportés de manière correcte envers leurs chevaux. Tout cavalier enfreignant les règles était averti, chose qui n’arriva que deux fois cependant. Le plus réjouissant reste cependant l’engagement des organisateurs pour un sport respectueux du cheval et leur disposition à collaborer ouvertement avec la protection des animaux. Il reste à espérer que Matzendorf a réussi à envoyer un signal fort pour un sport s’exerçant dans le respect du cheval et que de nombreux autres concours suivront son exemple à l’avenir.

Chantal Stauber

Le bien-être des animaux nous concerne tous!

Commentaire de Sven Friesecke, Chef de la discipline Reining de la Fédération Suisse des Sports Equestres FSSE

A l’échelle mondiale, il existe différents points de vue concernant la manière de traiter des chevaux de sport. En raison des différences de mentalités et de cultures, il existe malheureusement aussi différentes visions du traitement correct des chevaux.

En ce qui concerne le reining, qui a ses racines aux Etats-Unis, quelques incidents ont donné lieu à des critiques entièrement justifiées. Certaines méthodes d’entraînement vues comme étant parfaitement normales aux USA ne sauraient en aucun cas être tolérées ainsi en Europe. Malheureusement, certains acteurs du sport de haut niveau utilisent tous les moyens possibles pour arriver à leur fin, même si le succès n’est que de courte durée. Il est de plus dans la nature des choses que certaines méthodes trouvent leur chemin jusqu’en Europe. Cependant, il est important de noter que la grande majorité des cavaliers et cavalières traitent leurs chevaux de manière juste et correcte. Ce n’est qu’une toute petite minorité qui cause des problèmes, minorité qu’il s’agit à présent de ramener sur le bon chemin.

Les associations et les organisateurs responsables en Suisse ont fait de grands efforts au cours des dernières années afin d’améliorer la situation. Dans ce processus, il s’agit en premier lieu de sensibiliser les cavaliers au comportement adéquat avec le cheval. Dans cette démarche, le rôle d’exemple des entraîneurs et des cavaliers professionnels est très important. Grâce aux efforts combinés des différents acteurs, l’image donnée par les compétitions de reining en Suisse peut être qualifiée de bonne, voire très bonne. Les organisateurs et les stewards ont fortement contribué à ce développement positif, notamment par leur forte présence sur les places d’échauffement. Pour cela, il est impératif que les stewards soient des personnes compétentes dotées de bonnes connaissances humaines. L’objectif final est de développer une bonne compréhension du cheval chez les cavaliers et toutes les personnes concernées. L’idéal serait que ce soit les cavaliers eux-mêmes qui veillent au bon déroulement des manifestations et interviennent avec objectivité si un incident venait à se produire dans la précipitation. Un système fonctionnel sans stewards serait certainement dans l’intérêt de tous.

Au cours des dernières années, la Protection des animaux a observé et évalué de nombreuses manifestations hippiques et en a publié les rapports établis. La Direction de la discipline Reining de la FSSE ainsi que quelques organisateurs n’étaient cependant pas d’accord avec certains de ces rapports, qui manquaient parfois d’objectivité et de savoir technique selon eux. Afin d’écarter ces différences de perception, divers efforts ont été entrepris afin de favoriser la collaboration avec la Protection des animaux, dont les responsables ont par exemple été informés au sujet de la discipline et des manœuvres de reining. Diverses explications concernant l’équipement ont également contribué à une meilleure compréhension de la discipline. Une étape supplémentaire a été la collaboration de la Protection des animaux avec un steward à l’occasion d’une compétition de reining, ce qui a certainement contribué à mettre en évidence les éléments permettant d’améliorer encore davantage les rapports avec le cheval.

En Suisse, la situation peut désormais être qualifiée de très bonne. Les efforts futurs doivent donc viser à maintenir l’état actuel des choses et à améliorer davantage la remise en question chez les cavaliers critiques. Au niveau international cependant, il reste beaucoup à faire, notamment en raison des perceptions variant d’un continent à l’autre décrites en début d’article. Pour le Comité de Reining de la FEI, le bien-être des animaux («Animal Welfare») est un des domaines les plus importants du développement durable du sport. Afin de mettre en place de meilleures conditions, il s’agit surtout de fournir un grand travail dans les régions critiques. Pour ce faire, la FEI nécessite la compréhension et le soutien des associations de reining, en particulier celles des Etats-Unis.

Le traitement respectueux du cheval est primordial pour un avenir prospère des sports équestres.

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